La classe ouvrière, la paysannerie et les travailleurs agricoles s’engagent dans la lutte commune

La classe ouvrière, la paysannerie et les travailleurs agricoles s’engagent dans la lutte commune

Debanjan Chakrabarti – CWFI Secrétaire Général

Depuis 1991, le gouvernement national de l’Inde met en œuvre les nouvelles politiques économiques imposées par la Banque mondiale, le Fonds monétaire international, la Banque asiatique de développement et l’Organisation mondiale du commerce.  

Flambée des prix

Les nouvelles politiques économiques affectent différemment la vie quotidienne des simples gens. Les prix des produits essentiels quotidiens, y compris ceux des produits alimentaires et de l’essence, du diesel et du gaz de cuisson, se sont envolés.

 

Le secteur de la santé

Dans le secteur de la santé, le gouvernement se désiste de sa responsabilité de fournir des soins de santé gratuits aux travailleurs. Actuellement, le gouvernement se prête à ouvrir le secteur de la santé aux monopoles privés indiens et étrangers, qui exploiteront la population en augmentant les prix.

 

Le secteur de l’éducation

Dans le secteur de l’éducation, le gouvernement national n’a pas pris la peine de fournir une éducation gratuite à tous. De ce fait, l’éducation est devenue une industrie. Les universités privées, les collèges, les écoles, les instituts de gestion et d’ingénierie sont de plus en plus nombreux et le coût de ces institutions privées est hors de portée du peuple.

 

Le chômage

Le chômage a atteint des niveaux alarmants. Les estimations officielles indiquent qu’il y a actuellement 20 millions de jeunes chômeurs en Inde. Environ 130 millions de personnes travaillent avec des salaires très bas, ou à temps partiel sans emploi régulier.

Le salaire minimum et la retraite

Les travailleurs n’ont pas de salaires adéquats ni aucune autre prestation liée à la sécurité sociale qui les aiderait à mener une vie décente et viable. La classe ouvrière a exigé un salaire minimum de 18000,00 roupies (265 dollars par mois) pour tous les travailleurs. Toutes les organisations syndicales centrales ont revendiqué ce salaire minimum  donnant droit à une retraite s’élevant à 3000.00 roupies (45 dollars) par mois ainsi que la gratuité des soins médicaux pour tous. En outre, elles ont exigé que le salaire minimum soit lié à l’indice des prix à la consommation. Mais le gouvernement n’a pas accepté les propositions des syndicats.

À travail égal, salaire égal

En dépit d’un verdict de la Cour suprême stipulant l’égalité en matière de salaires et de droits pour un même travail pour les travailleurs réguliers, le gouvernement national n’a pas pris la peine de mettre en œuvre l’arrêt rendu par la plus haute instance judiciaire, y compris dans le secteur gouvernemental. Au contraire, la politique des gouvernements tant au niveau central que provincial consiste à embaucher des travailleurs contractuels au lieu de travailleurs réguliers. Toutes les centrales syndicales s’opposent résolument à cette position du gouvernement et exigent la mise en œuvre correcte de la décision de la Cour suprême et la régularisation de tous les travailleurs contractuels.

Révision du code du travail

Le capital financier international souhaite des marchés du travail libres partout dans le monde et l’Inde ne fait pas exception. L’actuel gouvernement dirigé par le parti Bhartia Janata (BJP), a décidé de procéder au remplacement de 44 lois centrales du travail existantes par 4 codes du travail.
Tous les syndicats nationaux s’opposent à cette modification de la législation du travail qui est contraire aux intérêts de la classe ouvrière et vise à offrir un marché du travail totalement libre aux monopoles indiens et étrangers.

Privatisations

D’une manière planifiée, tous les gouvernements centraux ont décidé et mis en œuvre, au cours des 27 dernières années, une politique de privatisation des entreprises publiques. Le gouvernement central dirigé par le BJP a cédé au cours des 4 dernières années des actifs du secteur public pour un montant de près de 250 millions d’euros. Le gouvernement central actuel a commencé à mettre en œuvre un plan d’investissements directs étrangers (IDE) à hauteur de 100% dans les secteurs suivants:

 

  1. Défense
  2. Chemins de fer
  3. Grande distribution
  4. Logement
  5. Télécommunications
  6. Electricité
  7. Pétrole et gaz, etc.

Actuellement, le gouvernement NDA dirigé par le BJP a mis la main sur les banques nationalisées et les compagnies d’assurance pour les vendre sur le marché libre. De cette manière, l’épine dorsale de notre économie nationale est en train d’être meurtrie. La classe ouvrière indienne n’accepte pas ces politiques néolibérales et les combat depuis 1991. Par millions, les travailleurs ont participé à 17 grèves générales nationales contre ces politiques néolibérales.

Des politiques d’extrême droite

Parallèlement à cette attaque dans le domaine économique, le gouvernement actuel dirigé par le BJP mène campagne avec le programme communal d’extrême droite de « Hindutva ». L’intention est de casser l’esprit laïc de la constitution indienne. La milice d’extrême droite RSS (Rastrya Sayang Sebak Sangh), en appui du gouvernement central dirigé par le BJP, s’attaque aux musulmans et aux Dalits pour établir l’hégémonie hindoue dans le pays. Ce fanatisme religieux est également contré par les masses laborieuses en Inde.

Élargissement de la plate-forme de lutte

La paysannerie de notre pays est actuellement engagée dans une longue marche pour promouvoir ses revendications de longue date. Grâce à sa lutte soutenue, la paysannerie a récemment remporté quelques victoires. Les organisations paysannes exigent :

  1. Une dérogation totale en matière de crédit agricole pour les agriculteurs pauvres.
    2. Un prix rémunérateur pour tous les produits agricoles.
    3. La sécurité sociale et un salaire minimum pour les travailleurs agricoles.

Pour lutter ensemble contre les politiques néolibérales, une plate-forme commune appelée « JANA EKTA JANA ADHIKAR ANDOLAN » a été créée en Inde. Les luttes évoluent autour de cette plate-forme.

 

Le 5 septembre – rassemblement de masse

Le 5 septembre 2018, un demi-million de travailleurs, de paysans et d’ouvriers agricoles sont attendus dans la capitale (New Delhi) de notre pays pour faire entendre leur voix contre ces politiques néolibérales.
Unissons-vous et combattons pour les droits des 99,9% de notre population dans notre pays !

 

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