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L'opération réussie du PBKLU est vue par les syndicalistes avec fierté
Le Syndicat des briquetiers du Pakistan PBKLU et son organisation mère la Fédération pan-pakistanaise des syndicats unitaires - APFUTU en première ligne contre le travail forcé, le trafic d’êtres humains et le travail des enfants

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Une famille réunie et heureuse , après la restitution des enfants Robeia, Robeena, Sarfraz, Usman Ali et Nani  qui avaient été vendus par leur employeur pour 3000 euros.

Les employeurs à la mentalité féodale considèrent leurs employés et leurs familles comme à peine plus que des machines, des moyens de production dont ils pensent être les propriétaires. L’analphabétisme et la pauvreté faisant le reste, il est aisé de comprendre pourquoi nos frères les plus précaires sont contraints à des conditions épouvantables. Cela dit, le sort des femmes est encore plus scandaleux. C’est ainsi que nous avons été informé d’un cas de travail forcé et d’exploitation d’enfants, de femmes enlevées, et d’une épouse et ses enfants vendus à d’autres employeurs. Il s’agit d’une éhontée violation des droits de l’homme qui a infligé des traumatismes qui n'ont suscité aucune retenue. Toutefois, lorsque le mouvement ouvrier organisé arrive à ce que les travailleurs et leurs familles obtiennent gain de cause et à ce que les lois soient appliquées, nous accueillons la nouvelle non seulement avec satisfaction mais aussi avec fierté.
 
Le PBKLU, un affilié de l’UITBB au Pakistan, nous a fait état d’une action syndicale récente couronnée de succès : la récupération des membres de la famille d’un briquetier enlevés par son employeur, une affaire qui, malheureusement, reflète la réalité de dizaines de milliers de travailleurs dans les briqueteries au Pakistan, victimes de la servitude pour dettes, du chantage et des séquestrations.
 
Tels sont les faits


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Enfants briquetiers au Pakistan

Gujrat: Le 12 février 2010, les agents du poste de police de Sadar Gujranwala ont fait irruption dans une briqueterie du village de Cheikh Rajada, Gujranwala, et arrêté le propriétaire Qasir Mehmood. Ce même jour, les policiers ont retrouvé dans une maison privée de Qasir Mehmood cinq enfants âgés entre 2 et 12 ans qui avaient été illégalement gardé par le propriétaire de l’usine.
En 2005, Qasir Mehmood a embauché Ghulam Abbass, Kishwar Bibi sa femme et leurs enfants (Robeia 12 ans, Robeena 10 ans, Sarfraz 7 ans, Usman Ali, 5 ans et Nani 2 ans) comme briquetiers dans le village de Cheikh Rajada, Gujranwala. Un jour de mars 2009, Ghulam Abbass disparu de la briqueterie et le propriétaire du lieu Qasir Mehmood, a déclaré que son salarié Ghulam Abbass avait fui son lieu de travail. Le propriétaire a alors réclamé un montant de 400 000 roupies Pak (environ 3 500 euros) à la mère du travailleur Nazira Bibi et à sa sœur Sameena Bibi au titre de compensation pour un prépaiement que son fils (et frère) aurait demandé à son employeur. Quand la mère, et la sœur, ont indiqué qu’elles n’étaient en rien responsables du prêt consenti à son fils (et frère), Qasir Mehmood organisé l’enlèvement de ces femmes et les a emmenées à sa briqueterie en avril 2009.
Le syndicat PBKLU en a pris rapidement connaissance et il a demandé à son organisation mère l’APFUTU de déposer une plainte auprès de l’Officier de police du district (DPO) à Gujranwala, pour obtenir la libération des femmes enlevées. La police a perquisitionné la briqueterie et récupéré les deux femmes. La grand-mère a alors informé le syndicat que ses 5 petits-enfants avaient été vendus par Qasir Mehmood. L’APFUTU a effectué des démarches pour récupérer les enfants. La police a arrêté Qasir Mehmood et son jeune frère Naeem, et récupéré les 5 enfants
Au cours de l’interrogatoire par la police, Qasir Mehmood a admis avoir vendu les enfants en avril 2009 à Bashir Ahmed, propriétaire d’une briqueterie, à Rawalpindi District Pandori pour 360 000 roupies Pak (environ 3 000 euros) et que leur mère Kishwar Bibi avait été vendue à la mafia pour 320 000 roupies ouvriers_esclavesPak (environ 2 750 euros). Comme il n’y a jamais d’autolimite à la cupidité ou à l’exploitation, ce marché d’esclaves a généré l’équivalant de près de deux fois la somme de la dette initiale présumée, sans compter le travail obtenu gratuitement sur le dos de la mère du travailleur et de sa sœur. La police a tenu à localiser Kishwar Bibi, et Qasir Mehmood a avoué que la mère des enfants se trouvait au sanctuaire de Data Gang Bux (Hazrat Ali Hajweri) à Lahore. Des responsables du PBKLU et de l’APFUTU à Lahore se sont rendus au sanctuaire où ils l’ont découverte à l’entrée, réduite à la mendicité. La police a emmené les enfants libérés au siège du syndicat à Gujarat, le 12 février 2010, où ils ont été rendus à leur famille.
Entre temps, Qasir Mehmood et ses complices ont été déférés devant la justice au titre de l’article 365-A PPC du Code pénal. Reste à voir la sentence qui sera prononcée pour ces crimes.

Briquetiers endettés enchaînés par leur employeurs au Pakistan

La fabrication des briques est un travail réalisé par paires ou « sachas ». Chaque équipe de deux (en général les membres d’une famille) est appelé une « sacha » et celle-ci dispose d’un « daye » (un moule lourd en fonte). Une personne remplit le moule avec de la boue et l’autre le vide. La productivité des «sachas» varie entre 700 à 1 500 briques par jour. La semaine de travail est de six jours de travail continu. Le vendredi est le jour traditionnel de repos. Le salaire minimum d’un briquetier selon le Conseil de gouvernement du Pendjab a été fixé à 443 roupies Pak ($ 5) pour 1 000 briques, mais les employeurs paient de 250 Pak Rs (USD 2,85 $) à 350 Rs Pak (US $ 4 $) pour 1 000 briques. D’autre part les briquetiers ont droit à la sécurité sociale et à la retraite, mais les employeurs semblent être au-dessus des lois. Il y a 50 à 200 « sacha » dans une briqueterie. Et cinquante «sachas» (100 personnes) peuvent produire jusqu’à 75 000 briques par jour.

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Deux "sachas" en plein travail