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Interview du constructeur Assane Diop du Sénégal
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Assane Diop, Secrétaire général du Syndicat national des travailleurs des travaux publics, du bâtiment, de l’habitat et de la construction SNTPBHC (UTS) du Sénégal en tournée sur les chantiers de son pays

Q. Peux-tu nous présenter votre action au Sénégal ?


R. Il existe deux pôles intersyndicaux au niveau des centrales : un pôle de 4 organisations, les plus anciennes et les plus combatives, dans lequel est mon syndicat et un front unitaire de 16 organisations. Tous les 1er mai les syndicats présentent leurs revendications au Président de la République. Sur les 22 points présentés par les divers syndicats nous avons constaté de nombreuses similitudes, alors nous avons proposé : pourquoi pas un seul front syndical pour faire avancer nos revendications les plus importantes à savoir : la situation des travailleurs journaliers, le problème des transports, la diminution du coût des denrées de première nécessité et des services (eau, électricité et téléphone), l’augmentation généralisée des salaires, la diminution du coût des loyers, la baisse de la fiscalité sur les salaires et les revalorisations des pensions de retraite, la relance des entreprises en difficultés.
Depuis deux ans des négociations ont lieu, mais il a fallu que nous déposions un préavis de grève pour que de vraies négociations s’engagent. Nous privilégions une stratégie d’information à partir de la base avec les tournées en province. À l’issue des négociations en commission par thème, une intercommission tripartite se réunira et présentera les résultats. Ensuite le gouvernement doit donner son aval, mais nous savons qu’il n’est pas favorable à une réduction de la fiscalité sur les salaires et donc d’autres actions seront nécessaires.

Q. Dans la construction avez-vous des actions spécifiques ?


R. Oui, des actions avec les autres syndicats ont permis de décrocher cette année une augmentation de 8% au bas de la grille des salaires et ensuite de manière dégressive avec un minimum de 4% pour le haut de la grille. Nous avons également obtenu l’immatriculation obligatoire des travailleurs journaliers à l’institut de prévoyance et de retraite et le paiement bimestriel des pensions de retraite et non plus trimestriel, un accord avec le patronat sur la révision éventuelle de la convention collective du bâtiment et travaux publics qui date de 1956, et depuis 2008 une nouvelle annexe de classification des emplois du secteur du bâtiment et travaux publics (BTP) a été signée entre État, patronat et travailleurs. S’y ajoute la mise sur pied d’un comité de branche de dialogue social pour le secteur du BTP.
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Assane Diop à Tokyo